Marc était parti le lendemain matin.
Comme il avait fait tout le reste — simplement, sans cérémonie. Une petite valise. Un livre de poche dans la poche. Une poignée de main à Thierry — franche, longue.
Il s'était arrêté devant Théo.
*"Continuez à ne pas penser à Paris."*
Théo avait souri.
*"Je vais essayer."*
Le gravier sous les pneus. Le moteur qui s'éloigne. Le silence qui se reforme.
Thierry et Théo étaient restés un moment sans bouger — comme deux personnes qui regardent quelque chose se terminer et qui ne savent pas encore très bien ce qui commence.
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La journée avait été calme.
Thierry avait travaillé dans le jardin. Théo avait marché — seul, longtemps, sur les chemins autour de la Closerie. Ces collines vertes du Périgord qui commençaient à lui être familières comme un visage qu'on aime.
Il avait remarqué des choses qu'il n'avait pas vues les premières semaines. Une vieille croix de pierre au croisement de deux chemins — usée, penchée, obstinément là. Des orchidées sauvages au bord du fossé. Le vol lent d'une buse au-dessus des chênes.
Il avait marché sans téléphone. Sans montre. Juste le soleil pour mesurer le temps.
Et il avait réalisé quelque chose de simple.
Il connaissait maintenant les noms de certains oiseaux. La mésange bleue. Le rouge-gorge. Le geai des chênes avec son cri rauque et surprenant. Thierry les lui avait appris sans en faire une leçon — juste comme ça, en passant.
Quand avait-il appris quelque chose de nouveau pour la dernière fois ? Quelque chose qui ne servait à rien — qui ne figurait sur aucun tableau de bord ?
Il ne s'en souvenait pas.
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Le soir, de nouveaux hôtes étaient arrivés.
Un homme seul — la cinquantaine, silencieux, avec ce regard légèrement ailleurs des gens qui portent quelque chose. Il s'appelait Vincent.
Et un couple — la trentaine, qui venaient de Paris. Camille et Antoine. Ils regardaient la Closerie avec ces yeux grands ouverts des gens qui n'ont jamais vraiment quitté la ville.
Thierry avait mis le couvert pour cinq.
Et Théo s'était assis à sa place habituelle. Celle qu'il occupait depuis le premier soir. Comme si elle lui avait toujours appartenu.
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*"C'est votre première fois en Périgord ?"*
Camille avait hoché la tête.
*"On traverse pour aller voir des amis à Toulouse. Un ami nous avait parlé du Périgord Noir."*
*"Demain matin — Hautefort d'abord. Les jardins à la française, la vue sur les collines. Ensuite Collonges-la-Rouge — un village de grès rouge unique en France. Et Sarlat en fin d'après-midi."*
*"C'est beaucoup pour une journée."*
*"C'est parfait pour une journée."* Il avait levé son verre. *"Et ce soir — vous êtes là. C'est déjà bien."*
*"Et vous — comment vous avez trouvé la Closerie ?"*
*"Par hasard. Un ami nous avait envoyé un lien."*
*"Le hasard."* Thierry avait dit ça doucement.
*"Vous n'y croyez pas ?"*
*"Je ne crois pas au hasard."* Il avait regardé autour de la table. *"Je crois aux rendez-vous."*
Un silence.
*"Théo est arrivé ici pour deux nuits. Il y a plusieurs semaines."*
Camille avait regardé Théo — surprise.
*"Et vous êtes encore là."*
*"Et je suis encore là."*
Vincent — silencieux depuis le début — avait levé les yeux de son assiette.
*"Moi ce n'était pas le hasard. Je cherchais quelque chose. Je ne savais pas quoi exactement. J'ai tapé Périgord dans le moteur de recherche. Et je suis tombé sur cette adresse."*
Personne n'avait demandé ce qu'il cherchait.
Parce que certaines réponses arrivent en leur temps.
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